Autant de talents et le prix modique de l’entrée attirent 25 000 fans, dont de nombreux hippies. Ce succès inattendu causera la perte de Popanalia. Jean Karakos témoigne : «Avant d’annoncer un festival, il faut boucler les artistes. A l’époque, tous avaient été payés. Mais il n’y avait aucune protection, c’était un amphithéâtre naturel, envahi par des gens qui ne voulaient pas payer. Après 1968, ils considéraient Popanalia comme un festival gratuit, populaire. Au bout du premier jour, on n’avait plus d’argent. Je ne regrette rien, mais c’était quand même une entreprise très hasardeuse.» Les organisateurs coupent court au festival quelques heures après son coup d’envoi. Joan Baez aura été la seule à pouvoir s’y produire. Malgré sa fin précoce, «il est resté mythique, même si c’était l’anarchie»,estime David Benaroche, l’organisateur de Popanalia 2010.

Aujourd’hui, quarante ans plus tard, le festival renaît dans les jardins du musée Fernand-Léger. Deux survivants font partie du lot, Archie Shepp et Gong, mais aussi des talents plus actuels : le trio formé par Omar Sosa, Trilok Gurtu et Paolo Tresu, unis pour la première fois sur scène, ainsi que le groupe niçois Sashird Lao. Désireux de respecter l’état d’esprit d’origine, David Benaroche l’a établi sur la base de celui de 1970, mais affirme ne pas vouloir s’en tenir à une évocation nostalgique.

Leila ZAMIATI

Festival Popanalia. Aujourd’hui à 19 heures, jardin du musée national Fernand-Léger, Biot (06). Retransmis sur Radio Nova (20 heures-minuit).